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D'Adam à Dom

Le 23 août 2006

J'ai participé il y a quelques semaines au project Genographic, qui permet de retracer la migration de ses ancêtres via l'analyse de mutations génétiques.

Le principe en est assez simple : chez les hommes, le chromosome Y est passé de manière systématique de père en fils, sans modifications, exceptées pour les quelques mutations qui peuvent s'y produire (un phénomène semblable permet de remonter la filiation du côté maternel, via l'analyse des variations des mitochondries). Certaines de ces mutations sont caractéristiques en ce qu'on les retrouve chez certaines populations et pas chez d'autres, définissant ce qu'on appelle des haplogroupes. Ceci, combiné avec différentes analyses anthropologiques, permet de retracer les migrations de populations au travers de l'histoire de l'humanité.

Après avoir donc extrait quelques cellules de ma joue pour analyse génétique, envoyé le prélèvement avec un paiement d'un peu plus de 100€ (quand même...), et attendu quelque six semaines, j'ai pu accéder ce matin à la carte migratoire de mes ancêtres paternels :

La carte de migration de mes ancêtres, tracées d'après les mutations de mon chromosome Y

La mutation "M170", apparue il y a 20 000 ans, me classe donc dans le Halogroupe I, que l'on retrouve apparemment particulièrement dans les populations balkaniques et scandinaves. Evidemment, mon look scandinave n'est certainement pas la chose la plus frappante de mon apparence, mais compte tenu de ce que mon arbre généalogique paternel me permet de remonter (du côté masculin) jusqu'à un Michel Massieux, arrivé en Guadeloupe en 1652, et d'origine très probablement normande, cela n'est même pas complètement absurde.

Je doute que ma contribution génétique au projet scientifique qui sous-tend le projet génographique soit très marquante - a priori, les populations à l'histoire récente plus stable sont sans doute plus riches en enseignement ; il n'en reste pas moins assez fascinant de pouvoir remonter si loin dans son histoire individuelle. J'aurais aimé pouvoir aussi remonter à mes racines africaines plus directes - la partie "Hazaël" de mon nom étant hérité d'une descendante d'esclaves -, mais je doute que cela soit possible, en tout cas au travers du projet tel qu'il existe aujourd'hui.