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Plus vaste que le ciel

Le 18 novembre 2004

Je ne saurais recommander Plus vaste que le ciel : Une nouvelle théorie générale du cerveau de Gerald Edelman comme livre de chevet ; tout d'abord, les sujets qu'il aborde sont souvent d'une complexité qui dépasse la capacité d'attention qu'un individu mentalement sain a à sa disposition lorsqu'il s'approche de son chevet ; ensuite, parce que la traduction française de l'ouvrage est tout à fait abominable.

Cependant, une fois ces "petits" inconvénients laissés de côté, la lecture du dit ouvrage se révèle fort intéressante en ce qu'il tente d'établir comment un phénomène aussi difficile à décrire que la conscience humaine pourrait s'expliquer comme résultante de l'activité neurale du cerveau ; l'auteur met quelque peu en perspective cette théorie par rapport aux débats philosophiques rattachés à cette question (existence de l'âme, déterminisme de la volonté humaine, notion de soi, représentation de l'inconscient), mais essaye avant tout d'expliquer en terme systémique - c'est-à-dire en terme d'interactions de systèmes - comment la conscience ne pourrait être, en fin de compte, qu'un épiphénomène de l'activité cérébrale, l'illusion de continuité créée par la somme des perceptions ressenties modulées par la somme des informations mémorisées.

Je ne puis certes pas prétendre avoir compris l'ensemble des théories évoquées, et il est certain que la dite théorie (reposant entre autres choses sur un évolutionisme de type darwinien à l'intérieur même du cerveau au cours de son développement) doit encore faire ses preuves ; mais le peu qui a pu en transparaître est définitvement passionnant (et certes, difficile à résumer), et riche en questionnement sur cet étrange chose que l'on appelle moi...