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Aux bords de la Durance

Le 12 février 2004

Au bord de la Durance, loin de toute civilisation (ou presque), se trouve une cabane en bois, baptisé observatoire ornithologique, et d'où, en effet, il est possible de contempler les plongeons de grèbes huppées, les voltiges de hérons discrets, les circonvolutions de sarcelles d'hiver et l'immobilisme des grands cormorans.

Au bord de la Durance, mais à quelques kilomètres à vol de mouette, le castrum de Mérindol en ruines protège de son isolement de superbes maisons de pierres taillés, un mémorial Vaudois - qualifiant le parlement d'Aix du temps des guerres de religions en France de troisième fléau de la Provence, celui-ci ayant ordonné l'éxécution sommaire des habitants (protestants) du dit village -, et, comme il se doit, de splendides vues sur la vallée de la Durance et les premières collines du Lubéron

Au bord de la Durance, le donjon d'un chateau du XIVème siècle au Jas de Puyvert, devenu pigeonnier géant (3000 boulins, oui Monsieur) au XVIème, déchu au XVIIIème (avec le droit de pigeonnier, privilège des seigneurs féodaux), et rénové à la fin du XXème trône toujours crânement sur un petit hameau de maisons troglodytes.

Au bord de la Durance, mais de l'autre côté, l'abbaye de Sylvacane, troisième abbaye cistercienne de Provence avec celle du Thoronet et celle de Sénanque, concorde avec celles-ci dans la simplicité et l'harmonie de son architecture.

Au bord de la Durance, mais en fait, entre la Roque d'Anthéron et Lambesc, la chapelle en ruine de Sainte-Anne de Goiron, oubliée au fond d'une route en impasse, détrônée par un monument aux martyrs de la résistance, camouflée au coeur d'une forêt à flanc de colline, n'attend plus personne.

Au bord de la Durance, peut-être le temps s'est-il arrêté ?