Sicile 2006 - Carnet de route
Jeudi 19 octobre
Syracuse
Nous commençons la journée par la visite des sites antiques de la ville, concentrés dans le quartier de Neapolis. La pièce maîtresse en est le théâtre grec, quelque peu assailli par les groupes de visiteurs.
Autour de celui-ci, la latomie du Paradis, grottes et autres arches de calcaire résultant des anciennes carrières ayant servi à l'édification des monuments locaux, réserve une jolie balade, un peu plus paisible.
Plus à l'écart des sentiers touristiques, la Latomie des Capucins, ancienne carrière aménagé ultérieurement en jardin d'agrément par des moines, réserve une très jolie promenade, menant à une petite scène de théâtre en plein air, hâvre de paix au cœur de la ville.
Nous repartons ensuite vers l'Ortygie que nous découvrons à la lumière du jour, pas toujours à son avantage ; nous essayons de retrouver quelques unes des adresses de restos que nous avions repérées la veille ; la cible de notre premier choix est malheureusement fermé, et c'est qu'après de très nombreux tours et détours que nous retrouvons notre deuxième option : un restaurant-enoteca à l'allure un peu chic, Oinos.
Le déjeuner qui nous y est servi est superbe, agrémenté d'une thématique de truffe blanche d'Alba de saison : tartare de boeuf à la truffe blanche et thon au poivre pour Béné, variations de thon et pâtes à la truffe blanche pour moi, suivis de desserts (parfait d'amandes au gianduja et crème glacée maison à la pistache) tout à fait excellents aussi. Un régal de bout en bout, accompagné de vins sublimes. Aucun regret sur la note, plus assaisonnée que nos repas de midi habituels.
Au détour d'une rue de l'ancien quartier juif, nous tombons sur une maison abritant en son sous-sol d'anciens bains juifs, dans lesquels les femmes juives pouvaient pratiquer secrètement les rites hébraïques de purification lorsque ceux-ci furent interdits à l'arrivée des Espagnols au XVème siècle, important avec eux l'inquisition de l'époque. Cette même maison semble aussi offrir des services d'hôtellerie aux allures prometteuses. Une visite insolite et sympathique.
Plus classique, le Duomo, au cœur de la ville, cache derrière sa façade baroque en restauration, un mélange surprenant d'architectures, en particulier, une structure de temple grec aux colonnes doriques encore visibles, englobée dans les murs de la nef, de construction normande.
En milieu d'après-midi, une petite averse rince la ville de ses touristes, et remplace la lumière un peu triste du matin par une grisaille plus douce, presque rosée.
Nous errons à la recherche d'un café-librairie "slow food" que nous avions repéré la veille au soir ; après moults tours, nous retrouvons Biblios et sa très sympathique petite salle, malheureusement fermée.
Nous allons nous consoler avec une paire cappucino-glace (enfin "nous", c'est à vrai dire moi, Béné se contentant d'un très chaste espresso) à l'Antiche Sicile non loin, café boutique moins cocoon mais néanmoins agréable, et regorgeant de produits tipici alléchants. Nous n'en repartons pas les mains vides : une bouteille d'un des vins que nous avons goûtés à midi, une sauce à la fleur de courge, et un pesto d'amandes et d'espadon fumé.
Ceci sert d'amorce à notre quart d'heure de shopping dans les boutiques de vêtements à l'entrée de l'île. "Notre", en l'occurence, est une appelation politiquement correcte pour désigner celui de Béné, et le quart d'heuref, probablement une sous-estimation quadruple.
La nuit étant descendue sur la ville, nous nous posons dans notre café librairie qui s'est décidé finalement à ouvrir ses portes et se révèle aussi plaisant que nous l'espérions. Quelque peu fatigués par une longue journée de marche, nous nous délassons autour d'un thé chaud, aux arômes d'épices, d'agrumes et de fruits secs.
Lorsque nous quittons notre refuge en début de soirée, trop fatigués pour participer à la dégustation de vin que nous avions repérée dans une enoteca "bistro bar", nous regagnons notre hébergement, accompagnés par une petite pluie, qui à mesure que la soirée avance, prend de l'ampleur pour se transformer en véritable tempête, nous faisant savourer la sagesse d'avoir opté pour un retour avancé.
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