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» Je de mots, Jeux de moi

Billets d’humeur changeante, grommelages et grognements.

30 November 2006

L’Engrish illustré

Publicité visant les anglophones au Japon qui aiment leur 'famiry'

Sur la une du “Japan Times” - un journal en anglais assez largement diffusé au Japon - de ce jour, une publicité pour un site Web illustre de manière parfaite l’Engrish, autrement l’anglais à la sauce japonaise, où en particulier la distinction entre les “r” et les “l” restent tout à fait théoriques.

Je n’ai pas réussi à déterminer si l’emploi de l’Engrish est dans ce cas intentionnel ou pas….

23 August 2006

D’Adam à Dom

J’ai participé il y a quelques semaines au project Genographic, qui permet de retracer la migration de ses ancêtres via l’analyse de mutations génétiques.

Le principe en est assez simple : chez les hommes, le chromosome Y est passé de manière systématique de père en fils, sans modifications, exceptées pour les quelques mutations qui peuvent s’y produire (un phénomène semblable permet de remonter la filiation du côté maternel, via l’analyse des variations des mitochondries). Certaines de ces mutations sont caractéristiques en ce qu’on les retrouve chez certaines populations et pas chez d’autres, définissant ce qu’on appelle des haplogroupes. Ceci, combiné avec différentes analyses anthropologiques, permet de retracer les migrations de populations au travers de l’histoire de l’humanité.

Après avoir donc extrait quelques cellules de ma joue pour analyse génétique, envoyé le prélèvement avec un paiement d’un peu plus de 100€ (quand même…), et attendu quelque six semaines, j’ai pu accéder ce matin à la carte migratoire de mes ancêtres paternels :

La carte de migration de mes ancêtres, tracées d'après les mutations de mon chromosome Y

La mutation “M170″, apparue il y a 20 000 ans, me classe donc dans le Halogroupe I, que l’on retrouve apparemment particulièrement dans les populations balkaniques et scandinaves. Evidemment, mon look scandinave n’est certainement pas la chose la plus frappante de mon apparence, mais compte tenu de ce que mon arbre généalogique paternel me permet de remonter (du côté masculin) jusqu’à un Michel Massieux, arrivé en Guadeloupe en 1652, et d’origine très probablement normande, cela n’est même pas complètement absurde.

Je doute que ma contribution génétique au projet scientifique qui sous-tend le projet génographique soit très marquante - a priori, les populations à l’histoire récente plus stable sont sans doute plus riches en enseignement ; il n’en reste pas moins assez fascinant de pouvoir remonter si loin dans son histoire individuelle. J’aurais aimé pouvoir aussi remonter à mes racines africaines plus directes - la partie “Hazaël” de mon nom étant hérité d’une descendante d’esclaves -, mais je doute que cela soit possible, en tout cas au travers du projet tel qu’il existe aujourd’hui.

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Posté à 12:43

29 June 2006

Notre pingouin quotidien

Mon frère Bernard s’est enfin décidé à mettre en ligne ses excellentissimes pingouins ! Évidemment, je suis probablement quelque peu biaisé, mais je trouve cela vraiment extrêmement drôle, et ces trois petites cases quotidiennes font désormais partie de mon rituel matinal, accessoire indispensable d’une journée bien commencée…

Ces pingouins sont à la fois tristes et désopilants, toqués et pleins de sagesse, décalés et en plein dans le mille. Qu’est-ce que vous faites encore ici ? C’est là-bas que ça se passe ! Et surtout, méfiez-vous, les pingouins sont parmi nous !

12 December 2005

On Intelligence de Jeff Hawkins

Couverture de 'On Intelligence'

J’ai fini il y a quelques semaines la lecture de On Intelligence de Jeff Hawkins, dans lequel celui développe une théorie passionnante du cerveau, et plus particulièrement, détaillant le mécanisme suivant lequel le néo-cortex fait naître l’intelligence.

Pour résumer en quelques mots la dite théorie, le néo-cortex serait essentiellement un organe d’identification de motifs : chaque zone de neurones réagirait de manière particulière à une un motif donné ; ces réactions seraient liées hiérarchiquement, de sorte que les régions en contact direct avec les sens identifieraient des motifs de base, les régions “au-dessus”, des motifs de motifs, et ainsi de suite. Cette succession de motifs permettraient l’établissement d’un certain nombres d’invariants, qui eux-même constitueraient notre représentation interne du monde, base de notre intelligence en ce qu’elle nous permet de faire des prédictions (de plus ou moins grande ampleur) sur le monde. Parallèlement, l’auteur met en exergue que nos aptitudes motrices sont elles-aussi le résultat d’un apprentissage de motifs de mouvements, que nous assemblons hiérarchiquement lorsque nous développons de nouvelles capacités motrices.

Il insiste aussi fortement sur la mis-caractérisation de l’intelligence comme étant une capacité à obtenir des résultats (des preuves d’intelligence) qui serait, selon lui, à l’origine des limites de l’intelligence artificielle telle qu’elle fut développée au cours des années 1980. Selon l’auteur, l’intelligence est avant tout une capacité de mémorisation évoluée et complexe.

La théorie proposée et les perspectives de machines intelligences qu’elle offre sont tout à fait fascinantes, et le style de l’auteur rend le sujet relativement facile d’accès, le tout faisant de ce livre l’un des meilleurs essais scientifiques que j’ai lus.

Elle soulève quelques questions sur notre rapport au monde et à la réalité:

  • Einstein s’étonnait de ce que l’univers soit intelligible: L’éternel mystère du monde est son intelligibilité ; mais finalement, un univers non intelligible serait un univers dans lequel aucun motif ne serait détectable, et dans lequel finalement, on peut estimer que l’intelligence (voire la vie) ne pourrait se développer. Autrement dit, l’intelligibilité de l’univers et l’existence d’une intelligence dans l’Univers sont intimement liés, au moins en ce que le second ne peut exister sans le premier
  • si le cerveau s’organise autour d’une hiérarchie de motifs pour former autant de niveaux d’invariance, est-ce que la conscience elle-même n’est pas l’invariant au sommet de cette hiérarchie ? Une des caractéristiques principales de la conscience est sa continuité temporelle - on reste conscient d’être soi, même si l’on change d’avis, d’environnement ou même de visage : un invariant qui englobe les motifs qui constituent le soi.
  • si le cerveau fonctionne sur un modèle de prédictions fondées sur les expériences du passé, cela implique un modèle extrêmement conservateur de l’être humain dans son rapport au monde ; le progressisme ne serait alors qu’une forme particulière de conservatisme à grande échelle. Autrement dit, on a rien inventé…

(Le livre est complété par un site web permettant de suivre les évolutions de la dite théorie et ses confrontations à l’expérience).

2 June 2005

Attention, chute d’humains

Attention, chute d'humains

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Dominique Hazaël-Massieux
dominique.hazael-massieux@centraliens.net
Dernière modification : le 2 Octobre 2003

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