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7 January 2009

CanalSat, quand tu nous tiens…

Lors de notre dégroupage chez Free en septembre 2007, nous avons transféré notre abonnement Canal+ pour que celui passe par la Freebox ; à cette occasion, mon interlocuteur du service clients de Canal+ me propose un abonnement à CanalSat, que, croyant qu’il ne m’en coûterait que 3 euros supplémentaires par mois après une période de gratuité de trois mois, j’accepte.

Il est apparu qu’en fait, les 3 euros supplémentaires était la différence de tarif entre l’abonnement à Canal+ et l’abonnement à CanalSat, mais que les deux se cumulaient, doublant ainsi la valeur de notre abonnement, pour une utilité qui, à l’usage, ne s’est pas avérée concluante.

Nous résilions donc notre abonnement en août dernier, et cette résiliation, moyennant un coup de fil supplémentaire au service clients, est bien prise en compte à partir du mois d’octobre.

En novembre, nous recevons la lettre suivante:

Courrier de CanalSat

Pour confirmer notre résiliation, il nous faut donc cocher une case “non” dont le lecteur attentif ne pourra que noter l’absence… Ah, CanalSat aime vraiment trop ses clients pour les laisser partir !

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Posté à 09:35

23 November 2008

Délit d’excès de nom

En ces temps de crise, Air France a trouvé une façon unique de faire des économies dans ses serveurs de base de données:

Cher Monsieur Hazael Massieux,

Suite à votre mail, nous vous invitons à nous contacter directement par téléphone afin que l’on puisse enregistrer manuellement votre nom de famille.

En effet, le paramétrage de notre site ne permet d’enregistrer que 10 caractères au maximum.

Cordialement

L’équipe Internet Air France

Dix caractères, ça suffit tout juste pour épeler “lamentable”…

Mise à jour (le 5 décembre): je viens de recevoir un coup de fil du service Internet, contacté suite au courrier postal envoyé au services clients d’Air France, s’excusant de l’anomalie en question qui apparemment résulte d’une réservation effecutée avec un bébé voyageant sur le même fauteuil, et qui devrait être corrigé par leur prestataire de services (Amadeus) courrant 2009.

Si l’anomalie en question reste irritante (et m’a fait rater une promotion sur le vol que je voulais réserver), je dois reconnaître être tout à fait admiratif du suivi client effectué par le service Internet après coup – le premier message était quant à lui un peu bref à mon goût…

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Posté à 07:38

15 February 2008

Le progrès n’est plus ce qu’il était

Passer une semaine à Barcelone
Classe
au Mobile World Congress
Pas classe
Perdre son portefeuille
Pas classe
Avoir gardé une carte de crédit hors du portefeuille
Classe
Avoir perdu le seul papier d’identité permettant de prendre l’avion pour le retour
Pas classe
Faire opposition à sa carte American Express en 2 minutes
Classe
Passer 45 minutes à obtenir un contact avec Iberia pour savoir comment prendre l’avion sans carte d’identité
Pas classe
Tomber sur un numéro de téléphone d’Iberia Espagne qui ne peut être appelé d’un portable français
Pas classe
Obtenir en 5 minutes l’information du consulat de France pour déclarer la perte d’une carte d’identité
Classe
Ne pas pouvoir aller au consulat parce qu’il n’est ouvert que le matin
Pas classe
Décider de se faire livrer votre passeport resté en France, par DHL pour le lendemain matin
Classe
Avoir une Bénédicte magique qui fait expédier le dit passeport par DHL
Classe
Attendre votre passeport le lendemain matin, en trépignant sans nouvelles jusqu’à midi
Pas classe
Aller voir la concierge de l’immeuble de l’appartement qui vous abrite pour lui demander si DHL est passé, pour vous rendre compte dans votre espagnol un peu branlant qu’elle n’est pas du tout la concierge de l’immeuble
Pas classe
Passer 45 minutes à se faire renvoyer d’un numéro de DHL à l’autre sans obtenir de nouvelles de votre courrier
Pas classe
Communiquer avec les services espagnols de DHL sans trouver quelqu’un qui parle anglais, et sur un serveur téléphonique qui ne vous parle qu’en espagnol, et attend que vous lui parliez en espagnol
Pas classe
Apprendre 4 heures avant le départ de votre avion que votre passeport n’est pas en Espagne et que personne ne sait vraiment où il est
Pas classe
Trouver une bonne âme qui peut vous ramener en France en voiture
Classe
Apprendre que votre passeport ne pourra pas être rerouté chez vous avant la semaine d’après, alors que vous repartez le surlendemain en voyage
Pas classe
Apprendre que votre passeport sera livré le lendemain à Barcelone (où fatalement vous ne serez plus)
Pas classe
Obtenir que votre codouche préféré qui lui sera encore à Barcelone le lendemain jusqu’à 11h réceptionne votre passeport
Classe
Passer votre matinée le lendemain à s’assurer que le passeport sera effectivement livré avant 11h
Pas classe
Tenter en vain d’obtenir que le passeport soit récupéré à l’aéroport de Nice (où votre codouche aterrit) pour être livré à votre domicile dans le Var
Pas classe
Obtenir qu’il soit livré à l’aéroport de Marseille dans la soirée
Un pis aller

J’osais espérer au départ de cette triste aventure que la mésaventure de la perte de mon portefeuille serait l’illustration des bienfaits que les nouvelles technologies et les progrès de la logistique apportent, source d’une souplesse impensable il y a quelques années.

Au final, c’est une solution disponible depuis une bonne cinquantaine d’année qui m’a ramené en France, et c’est la “solution” reposant sur les progrès des 15 dernières années qui m’a créé le plus de frustration, de temps perdu et de stress.

En particulier, DHL a été lamentable pour la plus grande partie du processus : évidemment, en premier lieu, le retard de livraison tout à fait incroyable compte tenu du prix payé ; mais plus encore, l’absence d’informations sur le délai de livraison, la difficulté à joindre une personne capable de vous renseigner (DHL France et DHL Espagne se renvoyant la balle), la difficulté de trouver des interlocuteurs parlant en anglais chez DHL Espagne, la difficulté d’obtenir les informations sur la localisation du courrier envoyé, l’impossibilité d’obtenir le reroutage du courrier dans un délai raisonnable.

Seul le service après vente a quelque peu rattrapé cette succession de problèmes, et bien qu’on ne m’ait pas fourni le service de remplacement qui me paraîtrait minimal dans les conditions en question (à savoir, le rappatriement de mon courrier de Nice à mon domicile à leurs frais), les personnes que j’ai eu au téléphone étaient aimables, s’impliquaient manifestement dans la résolution des problèmes en cours, et ont in fine permis la résolution raisonnable de cette situation plutôt compliquée.

Ma confiance dans les services de DHL a en tout cas été tout à fait mal placée, et c’est une erreur que je ne réitèrerai pas de si tôt.

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Posté à 11:24

6 August 2007

L’enfer de Huis-clos

Notre appartement dispose d’un puits de lumière, fort agréable en matière d’éclairage, mais quelque peu encombrant en matière de régulation thermique, surtout lors des chauds mois d’été dont bénéficie notre belle région varoise.

Pour tenter de remédier à ceci, nous pensons depuis un certain temps déjà faire installer un store pour atténuer les effets du soleil sur la température de notre logis. Et donc, lorsque vendredi soir, lors d’une de mes rares incursions au supermarché du coin, j’aperçois le stand de Huis-Clos, et voyant qu’ils proposent entre autres services la pose de stores, j’invite naïvement l’un de leurs représentants commerciaux à venir nous établir un devis.

Grossière erreur ! Au vu des événements de la soirée, il apparaîtra je pense assez rapidement que c’est une expérience que je ne souhaite à personne.

J’étais un peu inquiet après avoir accepté le rendez-vous, devant l’insistance de mon interlocuteur à ce que ma moitié soit présente au dit rendez-vous : cela me rappelait étrangement d’autres pratiques commerciales un peu trop manipulatrices à mon goût ; mais après tout, me rassurai-je naïvement, quelle sorte de manipulation peuvent être mises en oeuvre dans l’établissement d’un devis pour un store ?

Notre ami “technicien commercial” se présente donc à l’heure convenue, et commence son baratin ; après un tour d’horizon rapide de la verrière qui réclame un peu d’ombrage, nous avons le droit à un questionnaire destiné à “mieux nous connaître” (autrement dit permettant de mieux cibler le client potentiel et briser la glace).

Lorsqu’après une demi-heure utilisée à remplir les quelques cases de la première page de ce questionnaire, et ayant un nombre tout à fait effrayant de “mais je vous en parlerai plus en détails plus tard”, je tente de presser un peu notre bavard commercial. Sa mission étant sans doute de pouvoir cocher toutes les cases de son parcours du combattant commercial, il n’en sautera pas pour autant une seule étape : nous avons le droit à la présentation de l’entreprise de bout en bout, et sommes censés être convaincus de la fiabilité de l’entreprise du fait qu’elle ait un logo (je n’invente rien), dont un exemplaire trône au dessus du périphérique parisien, c’est dire.

La laborieuse présentation de l’entreprise se conclut en nous demandant de confirmer l’impression de sérieux que dégage l’entreprise : classique stratégie d’engagement – une fois que vous vous êtes rangés oralement derrière une idée, elle vous semblera plus difficile à remettre en cause (comme le décrit le Petit traité de manipulation à l’usage des gens honnêtes déjà évoqué dans ces pages).

Vient ensuite la présentation du produit, au cours de laquelle Madame se voit confier la responsabilité du choix esthétique, alors que Monsieur est appelé à juger la qualité technique. Lieu commun qui tombe quelque peu à plat chez nous.

Lorsque vient le moment de la proposition financière, Madame est supposée tenir les cordons de la bourse. En tout cas, ni Monsieur ni Madame ne peuvent être en mesure de comprendre le système de financement “qui n’est pas un crédit” mais un “compte liberté de gestion libre” (sic), et dont le taux général de 10% n’a pas vraiment d’importance puisqu’il est équivalent à 9,9% ou 5.5% ou 0,825% dans un système arithmétique que votre serviteur n’a toujours pas compris.

Quand après nous avoir demandé d’estimer le prix du devis (histoire de repérer s’il va devoir consentir une ristourne sur un prix dont il a juré ses grands dieux une heure plus tôt qu’il était le même partout en France), il nous présente une offre, il exige alors une réponse immédiate.

Quand nous lui indiquons que nous ne prendrons certainement pas une décision le soir même et que nous devions établir des devis comparatifs, notre intrus technico-commercial (présent déjà depuis deux heures, alors que nous lui avions fait comprendre que nous étions pressés) commence à s’agiter, à nous demander pourquoi nous voulions comparer (quelle drôle d’idée), et déclenche l’arme ultime : le coup de fil du patron qui s’interroge où en est son salarié, et qui est prêt à consentir une réduction du fait d’un “budget restant du mois dernier”.

Reconnaissons à l’intrus un cran certain : après avoir été invité d’abord cordialement à raccourcir son baratin, puis à bien vouloir quitter notre appartement, ce n’est qu’après s’être mis franchement en colère, lui avoir détaillé que nous n’étions pas dupe un seul instant des différentes manoeuvres commerciales, et lui avoir ordonné de “se casser” de notre appartement qu’il n’a abandonné son poste, non sans se plaindre de ce que nous l’ayons pris pour un con en lui faisant perdre sa soirée.

Est-ce que le fondateur de Huis-Clos (dont nous avons eu la chance inespérée d’apprendre la biographie au cours de la soirée) a fait preuve de cynisme en appelant son entreprise ainsi en évoquant ainsi que “l’enfer, c’est les autres” ?

La prochaine fois, je penserai à regarder sur le Web avant: nous ne sommes pas les seuls à conspuer leurs pratiques.

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Posté à 09:38

31 January 2007

Taxes, mensonges et Web-2.0

Grâce à ma très chère et tendre, j’avais aujourd’hui rendez-vous avec un “conseiller” qui souhaitait charitablement essayer de nous faire payer moins d’impôts. Il s’agissait, en fait, de nous vendre un “plan d’épargne fiscal Robien” (ainsi nommé habilement par les commerciaux du secteur), dont le principe consiste à transformer une partie des impôts sur les revenus en capital investi dans de l’immobilier neuf.

L’idée de payer moins d’impôts ne m’étant pas foncièrement (!) désagréable, le projet tel qu’il m’a été présenté me paraissait tout à fait intéressant ; et de fait, cette forme d’investissement me paraît encore tout à fait raisonnable, malgré quelques points noirs que je détaille plus bas.

Mais l’aspect le plus intéressant de cette rencontre fut la réalisation a posteriori des techniques de manipulation dont a fait preuve mon habile interlocutrice, et qu’il me semble intéressant de documenter ici, et ce d’autant plus qu’elles ont toutes fait effet sur votre humble serviteur. Si j’ai peu de doutes sur la nature effectivement manipulatrice des techniques de vente décrites ci-dessous, je ne suis pas en mesure de juger si elles cachent une volonté de tromper, et en bon néo-naïf que je suis, je laisserai volontiers le bénéfice du doute à l’entreprise dont il est question.

Avant tout, il me faut établir le contexte de ce rendez-vous : un démarchage téléphonique (dont les données situaient curieusement Bénédicte chez ses parents – sans doute une piste intéressante pour remonter à la source des fichiers sur lesquels se fondaient le dit démarchage) avait proposé à Bénédicte de prendre un rendez-vous dans le but louable de nous aider à payer moins d’impôts. Celle-ci avait grâcieusement pris un rendez-vous auquel je pourrais participer – sans qu’elle n’ait besoin d’être présente.

Mon interlocutrice se présente de même ce matin dans cette optique de rechercher une solution pour faire baisser nos impôts, et commence donc naturellement par passer en revue notre situation financière et fiscale. De fait, et bien que les données collectées au cours de cet audit soient effectivement utiles à l’établissement des estimations pour le fameux “plan d’épargne fiscale Robien”, cet audit induit aussi naturellement l’idée que plusieurs solutions sont en compétition pour nous faire payer moins d’impôts, et que les compétences de mon interlocutrice lui permettront de déterminer laquelle se prête le mieux à ma situation. Ce positionnement d’expertise est renforcée par quelques explications simples sur le barême fiscal qui nous est appliqué, et quelques calculs d’évolution possibles de nos impôts.

Mais cet audit joue un autre rôle important dans l’introduction de ce qui au final est une vente d’un produit financier : il pose cette vente comme étant le choix optimal parmi un lot de solutions disponibles, alors qu’en réalité, j’en suis désormais à peu près persuadé, il s’agissait de la seule option que cette “consultante en fiscalité” souhait m’offrir.

Mieux encore, au cours de cette audit, mon interlocutrice a réussi à ancrer fortement l’idée que nous payions une somme incroyablement élevée d’impôts, en faisant passer l’idée qu’il était étonnant que nous ne soyions jamais renseignés plus tôt sur le sujet et que nous ayions pu accepter de payer tant d’impôts aussi longtemps. Dans les faits, bien que nos impôts constituent une part non négligeable de notre budget (un peu plus de 10%), ils ne représentent finalement que 10% de notre budget, et dans des proportions que je sais partager avec plusieurs de mes connaissances.

Pour renforcer l’idée de l’extravagance des sommes payées, ma consultante établit un calcul rapide sur les sommes potentiellement économisées sur les 9 ans que durent ce “plan d’épargne fiscal” et me présente la somme totale, qui effectivement constitue une valeur importante. A ce moment de l’entretien, mon interlocutrice a ainsi (presque) réussi à me mettre dans une position d’infériorité de compétences et de connaissances, de nécessité de remédier à une situation intolérable (un niveau d’impôts trop élevé) et de me proposer une somme d’économies considérables.

La solution proposée a aussi, entre temps, était labélisée comme un plan d’épargne fiscal, nom tout à fait génial qui cache, sous les ronrons rassurants du terme “plan d’épargne” – plan d’épargne qui serait financé par mes impôts qui plus est -, un projet d’investissement immobilier en bonne et dûe forme, avec ce qu’il comporte de risques et de possibles difficultés.

Notre entretien s’est conclu sur un aperçu du processus nécessaire à la mise en place de ce plan, processus qui inclut supposément l’approbation de notre dossier par une commission bancaire : l’existence de cette étape joue un très fort rôle de décompresseur (“quelqu’un qui si connaît va vérifier que cela est raisonnable”), ainsi que de recherche de mise en valeur (“pourvu que notre dossier soit accepté”) ; ce faisant, il inverse les rôles du client/vendeur : soudain, le client se sent obligé de vendre son dossier et d’espérer que le vendeur acceptera magnanimement de considérer sa clientèle.

L’excellent Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens décrit la tactique du pied dans la porte comme technique de manipulation : il s’agit de commencer par une requête de petite ampleur, avec un faible engagement requis de la part de la victime visée ; si celle-ci accepte cette première requête, elle sera beaucoup plus amène à accepter une requête de plus grande ampleur par la suite. Dans ce cas-ci, mon interlocutrice a bien pris soin de m’expliquer qu’aucune décision n’était définitive à ce stade du processus, et que rien ne le serait avant six ou huit mois, tout en s’invitant à un deuxième rendez-vous pour lequel nous sommes supposés préparer un dossier administratif assez complet – démarche qui est au passage présentée comme une contrepartie du travail attentif que celle-ci va consacrer à l’analyse approfondie de notre situation.

De manière plus subtile, je crois que le fait que ce premier rendez-vous ait été fait alors que j’étais seul plutôt qu’en présence de Bénédicte (alors que le deuxième rendez-vous soit établi nécessairement en présence de cette dernière), est une façon déguisée de me rendre ambassadeur du projet proposé une fois convaincu de ses bienfaits – autrement dit, plutôt que d’avoir à dépasser l’appréhension de deux personnes, appréhension qui peut se compléter et se dupliquer, il est plus simple de n’avoir qu’une personne à convaincre, celle-ci pouvant ensuite présenter le projet sous un jour favorable à l’autre élément du couple sans les barrières psychologiques initiales d’un entretien commercial.

Heureusement, mon interlocutrice a tout de même fait quelques petites erreurs dans son opération de séduction commerciale, en particulier lors de ses réponses un peu vagues sur les possibles fluctuations du marché immobiler (que de nombreux indicateurs prédisent à la baisse dans les années à venir), sur les évolutions du système fiscal au coeur de si nombreux débats en cette année électorale, ou sur la composition du “pool bancaire” supposé être à l’origine de ces “packages” financiers.

Mais ce ne sont pas ces erreurs qui me font maintenant pencher vers un refus de cette offre. Après quelques recherches sur Internet et quelques lectures intéressantes sur le sujet, il apparaît que ces offres, bien que présentant un potentiel financier indubitable, présentent aussi des risques et des défauts sur lesquels il vaut mieux prendre le temps de se renseigner :

  • comme je l’ai signalé plus haut, il s’agit à proprement parler d’un projet d’investissement immobilier : sa rentabilité dépend donc de la santé du marché immobilier, et en particulier dans la localité envisagée du projet de construction – il est donc préférable de se renseigner sur la santé économique et les tendances de l’immobilier dans la zone considérée, qui, semble-t-il, est souvent éloignée de celle de l’investisseur,
  • le fait de devenir propriétaire implique un certain nombre de risques (délais de livraisons du chantier, frais d’entretiens et de copropriété, etc.) qui ne peuvent être que mal définis au préalable de la livraison du bien ; ceux-ci constituent autant de complications possibles dans le plan paisible proposé,
  • d’un point de vue éthique, la construction immobilière a un impact important sur un grand nombre de paramètres : la qualité architecturale influe sur la qualité de vie des résidents et de leurs voisins, la démarche de construction peut intégrer ou pas des engagements en matière de développement durable et de respect de l’environnement, la décision du type de logement construit peut avoir un impact important sur l’urbanisme et la vie sociale de la localité, et la fixation du prix du loyer joue un rôle évident sur la vie économique des locataires envisagés ; se reposer entièrement sur les décisions prises par l’entreprise chargée de la réalisation du projet immobilier (et dont à ne pas douter, la rentabilité financière est le premier, voire le seul but) revient à abandonner des responsabilités sociales capitales, et ce, au dépens de la collecte fiscale qui est, au moins en théorie, supposée participer au bien commun,
  • la réduction d’impôts consentie sur ces investissements est liée à ce que le bien construit soit effectivement loué ; bien qu’une assurance soit fournie en la matière par le sus-nommé plan, il semblerait que les garanties de ces assurances nécessitent une revue attentive de la part de leurs signataires,
  • le système de financement Robien semble aussi mettre en place un système potentiellement pervers pour le marché de l’immobilier : puisqu’il impose de posséder et louer le bien pendant neuf ans minimum, il y a fort à parier qu’au bout de ces neuf années, le marché immobilier soit déséquilibré par l’offre concentrée de tous les propriétaires des biens construits dans ce cadre et souhaitant récupérer leur investissement, créant une tendance à la baisse et se faisant, réduisant la valeur de l’investissement initial,
  • une seule entreprise se charge de la promotion, de la location, de la gestion et de l’assurance financière du projet qui m’a été présenté ; ceci permet bien sûr de constituer une offre très intégrée, mais oblige aussi à mettre tous ses oeufs dans un même panier, attitude à laquelle la sagesse populaire n’accorde que peu de crédit ; la dite entreprise semble qui plus est avoir été à l’origine de quelques ratés en la matière, bien qu’il soit difficile (voire impossible) de juger de la véracité des propos relatés sur ce sujet (comme j’en discute un peu plus bas),
  • l’entreprise qui emploie ma consultante en fiscalité et qui potentiellement assurerait le suivi de mon dossier au cours de ces neuf ans, n’existe que depuis moins d’un an, rendant quelque peu fragile la confiance en la pérennité du dit suivi,
  • prendre part à ce nouvel investissement immobilier, bien qu’il ne représente en somme additionnelle réelle qu’une fraction assez réduite de notre budget, impliquerait une augmentation de notre taux d’endettement, rendant plus difficile le financement de projets auxquels nous tiendrions réellement.

J’ai pu trouver la plupart de ces informations au travers de mes recherches sur le Web ; bien que dans l’ensemble, j’estime le résultat de ces recherches immensément positif, au moins dans ce qu’il m’aide à prendre une décision mieux informée, ces recherches ont aussi soulevé des questions dont l’importance grandit à mesure que le marketing s’engouffre dans le concept du Web participatif (dont le buzz impose de le numéroter en version 2.0, à mon corps défendant).

Le forum sur lequel j’ai pu trouver nombre d’informations importantes se trouve être absolument infesté par les dits conseillers fiscaux, principaux vendeurs du produit sur lequel je souhaitais m’enquérir. Certains participent ouvertement en tant que vendeurs, et quelques uns ont l’habileté d’expliquer les faiblesses et les forces des investissements proposés. Mais nombre de messages sont postés anonymement, et parmi eux, des vendeurs moins scrupuleux, se faisant passer pour des chalands ravis de leur investissement, inciteront d’autres à se lancer dans cette forme d’investissement, ou plus agressivement encore, dénigreront nommément certains de leurs concurrents pour s’assurer une meilleure visibilité.

Il est évidemment à peu près impossible de distinguer les ravis authentiques des vendeurs intéressés ; il en ressort tout de même quelques notions importantes :

  • dans un système ouvert et collaboratif, il est beaucoup plus facile de perdre la confiance d’un individu que de la gagner ;
  • en particulier, un seul message négatif aura plus de répercussions que dix messages positifs ;
  • un message envoyé par une personne bien identifiée, sur lequel il est possible d’obtenir plus de renseignements (par exemple sur un moteur de recherche), aura nettement plus de poids qu’un message envoyé anonymement ;
  • un message qui associe une analyse des points positifs et négatifs inspire beaucoup plus de confiance qu’un message qui ne serait que positif.

Bien entendu, si ces principes s’appliquaient de manière uniforme et instantanée, il n’y aurait aucun risque d’arnaques et de tromperies, et les opérations marketing seraient forcées de se faire ouvertement ; malheureusement, certains continueront à profiter de la latence nécessaire à la propagation de l’information dans ce système ouvert qu’est le Web, se reposant sur le fait que l’information n’est pas toujours disponible au bon endroit et au bon moment.

Je reste relativement optimiste, et j’ai bon espoir que les progrès en matière d’algorithme de recherche, de croisement des informations, et le déploiement de systèmes permettant d’établir des relations de confiance virtuelles plus claires vont contribuer à diminuer cette latence, et rendre le jeu de la mésinformation de plus en plus coûteux pour ceux qui essaieraient d’en profiter – à tout le moins dans un cadre légal.

Il me semble tout de même qu’à court terme, ce jeu du chat et de la souris représente un coût de confiance énorme pour le Web, et risque de freiner cette vague d’engouement pour un Web plus ouvert et participatif, de manière similaire au coût que le spam et le phishing (ou devrais-je dire le pourriel et l’hameçonnage ?) peuvent représenter à l’heure actuelle sur la fiabilité de l’e-mail comme méthode de communication.

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Posté à 12:55