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12 July 2005

Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et publicité

Les rayons du Monoprix d’Aix-en-Provence affichent crânement ci ou là les citations de tel ou tel auteur de la littérature française.

On pourrait se réjouir de ce que les commerçants participent à la diffusion d’une certaine culture littéraire ; on pourrait se prêter à imaginer une ville, où, de manière inattendue, surgirait telle citation d’un auteur oublié, tel aphorisme à l’utilité enfin révélée.

Mais cette espoir d’un nouveau rapport plus inattendu à la littérature s’évanouit rapidement lorsque l’on constate que ces citations, loin d’être positionnées pour la pure délectation du chalant, servent toutes un but bien précis : rappeler au sus-dit chalant son rôle de consommateur, le renforcer dans ce rôle par les conseils avisés de ses illustres compatriotes.

Ainsi, nul doute que Pierre Claris de Florian ne se serait réjouit de ce que sa fable La mère, l’enfant et les sarigues serve à mettre en valeur le rayon soutien-gorges du dit magasin — peut-être le fait que son nom soit écorché lui évite de se retourner dans sa tombe d’immortel ?
Un pilier à proximité du rayon soutien-gorges affiche "L'asile le plus sûr est le sein d'une mère"

Et qu’un vers de Baudelaire puisse servir à vendre telle semaine des bas, telle semaine des tongs, ce n’est qu’offrir une nouvelle vie à ces vers trop souvent oubliés.
Rayons de tongs surmontée du vers "Même quand elle marche on croirait qu'elle danse

À y regarder de plus près, peut-être ce vers, finalement, n’est pas si mal choisi pour décrire la société de consommation:

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu’elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.

Comme le sable morne et l’azur des déserts,
Insensibles tous deux à l’humaine souffrance
Comme les longs réseaux de la houle des mers
Elle se développe avec indifférence.

Ses yeux polis sont faits de minéraux charmants,
Et dans cette nature étrange et symbolique
Où l’ange inviolé se mêle au sphinx antique,

Où tout n’est qu’or, acier, lumière et diamants,
Resplendit à jamais, comme un astre inutile,
La froide majesté de la femme stérile.

Référence 1 Commentaire »

Posté à 12:25

11 July 2005

Travailler, c’est trop dur, et voler, c’est bien

Et soudain, mes pieds ne touchèrent plus le sol.

J’ai parcouru l’équivalent de plusieurs tours du monde en avion, mais c’est seulement aujourd’hui que j’ai volé pour la première fois. On a beau s’émerveiller devant les prouesses technologiques qui font que chaque jour, plusieurs millions de personnes à travers le monde montent dans des avions comme s’ils prenaient un bus, il n’y a rien à faire, dans un avion, c’est l’appareil qui vole, pas le passager.

Ce sentiment d’aspiration, cet abandon de soi dans le vide, ce jeu dans les vents, jamais je n’y avais goûté avant aujourd’hui, avant mon baptême de parapente Vol de parapenteDécollage d'un parapenteLe décollage de Signes à Signes, conclusion grandiose d’une journée d’initiation à l’art du vol humain.

Et si ce baptême était en vol accompagné, j’espère fortement qu’il n’est qu’un préambule à un grand saut dans le vide en solo…

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Dominique Hazaël-Massieux
dominique.hazael-massieux@centraliens.net
Dernière modification : le 2 Octobre 2003

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