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26 November 2004

Oshen dont on fait des tubes

Samedi dernier, au théâtre de la Garde - autrement dit, au bout du bout du monde des spectacles -, nous avons pu retrouver, pour notre plus grand plaisir, un groupe que nous avions déjà pu apprécier en première partie de Bénabar, Oshen et sa sociologie du plumard. Bien sûr, on pourrait décrire Oshen comme “Linda Lemay mais en un peu moins crue”, mais le mieux, ça reste de l’écouter…

Quelques ventes de CD plus tard, et Oshen fait une entrée triomphante sur Radio Nimbustier !

18 November 2004

Plus vaste que le ciel

Je ne saurais recommander Plus vaste que le ciel : Une nouvelle théorie générale du cerveau de Gerald Edelman comme livre de chevet ; tout d’abord, les sujets qu’il aborde sont souvent d’une complexité qui dépasse la capacité d’attention qu’un individu mentalement sain a à sa disposition lorsqu’il s’approche de son chevet ; ensuite, parce que la traduction française de l’ouvrage est tout à fait abominable.

Cependant, une fois ces “petits” inconvénients laissés de côté, la lecture du dit ouvrage se révèle fort intéressante en ce qu’il tente d’établir comment un phénomène aussi difficile à décrire que la conscience humaine pourrait s’expliquer comme résultante de l’activité neurale du cerveau ; l’auteur met quelque peu en perspective cette théorie par rapport aux débats philosophiques rattachés à cette question (existence de l’âme, déterminisme de la volonté humaine, notion de soi, représentation de l’inconscient), mais essaye avant tout d’expliquer en terme systémique - c’est-à-dire en terme d’interactions de systèmes - comment la conscience ne pourrait être, en fin de compte, qu’un épiphénomène de l’activité cérébrale, l’illusion de continuité créée par la somme des perceptions ressenties modulées par la somme des informations mémorisées.

Je ne puis certes pas prétendre avoir compris l’ensemble des théories évoquées, et il est certain que la dite théorie (reposant entre autres choses sur un évolutionisme de type darwinien à l’intérieur même du cerveau au cours de son développement) doit encore faire ses preuves ; mais le peu qui a pu en transparaître est définitvement passionnant (et certes, difficile à résumer), et riche en questionnement sur cet étrange chose que l’on appelle moi…

T’es UK, t’es Bath, théine

Il y a (déjà) deux semaines, et suite à un petit saut de puce outre-manche pour une nouvelle réunion de travail, j’ai pu visiter Bath et ses environs pendant un petit week-end. Outre ses bains romains, son architecture géorgienne, sa superbe cathédrale, les villages à croquer des Cotswold, les mégalithes environnants, les 15 degrés de moins qu’à la Seyne, l’averse indispensable à la descente du train, les crop circles, les treats or tricks de saison, ce fut l’occasion d’un des jeux de mots les plus moisis en terme de titre de billets. Et ça n’est pas peu dire.

Mis en boîte

Une fois de plus, je les ai trouvés, rassemblés au pied de mon immeuble… Il devrait y avoir une loi contre ça !

En fait, il y en a une, mais comment la faire respecter ? J’ai beau eu signaler par un autocollant que leur présence n’était pas souhaitée, ça n’a manifestement eu que peu d’effet… Je me demande même si ça ne les a pas fait venir en plus grand nombre. Le gardien m’a bien dit que lui-même n’avait pas le droit de les bloquer à l’entrée de la résidence !

Et évidemment, une fois qu’ils sont en bas, c’est à moi de m’occuper d’eux, de m’en débarrasser, mais tout en m’assurant qu’ils n’iront pas faire de dégats plus importants ailleurs ! Sans parler de leur allure… Aucune élégance, aucune inspiration, l’un plus insipide que l’autre !

Non, décidément, les prospectus dans les boîtes aux lettres, ça ne peut plus durer !

Ce billet est dédicacé à mon livreur de prospectus, qui, sans doute première victime du système - je n’envie pas ceux qui doivent déambuler sur des kilomètres à pied pour un salaire de misère -, a suffisamment de conscience professionnelle pour se sentir obligé d’arracher régulièrement mon autocollant stop pub tout en nourrissant abondamment ma boîte aux lettres de papiers qui n’ont d’autre avenir que d’emplir ma poubelle à recyclage…

4 November 2004

Des maux crasses

Les partisans de George Bush scandaient Four more years, et c’est exactement cette perspective qui me déprime et me tourmente depuis hier… Quatre années de plus de peur étatisée, d’unilatéralisme diplomatique forcené, et d’irresponsabilité financière.

Il y a quatre ans, c’était depuis Boston que je suivais - mi-amusé mi-sidéré - l’incroyable imbroglio électoral qui amena M. Bush au pouvoir ; je me rappelle avoir espéré à ce moment là que la méchante humeur que m’avait causée son élection ne se justifierait pas nécessairement dans la réalité de son gouvernement, et qu’après tout, il ne pouvait que difficilement me décevoir au vu du peu d’estime que je lui portai.

Je me rappelle avoir suivi les premiers mois de sa présidence, savourant - non sans un certain plaisir bêtement revenchard - sa baisse de popularité et les critiques ouvertes qui lui étaient adressées.

Je me rappelle, comme tant d’autres, l’atrocité du 11 septembre, les images et les cris, le sentiment que rien ne serait plus comme avant, et une immense solidarité pour le peuple américain.

Je me rappelle aussi comment, petit à petit, j’ai vu ces sentiments partagés être récupérés et manipulés pour la mise en place d’une “union nationale” totalitariste.

Je me rappelle le sentiment de rage et de désespoir, de retour en France, de voir un anti-américanisme mal placé s’y développer, mais plus encore de voir l’administration Bush mettre en place une guerre scandaleuse et irrationnelle contre l’Irak, dans un silence assourdissant de critiques outre-Atlantique.

J’ai détesté devoir laisser mes empreintes digitales et ma photo à mon entrée aux États-Unis en ce début de mois, abandonnant de la sorte tout contrôle sur ces informations fondamentalement personnelles à un gouvernement non-fiable.

Hier, mon espoir de voir ce gouvernement viré par son peuple sur un bilan économique, social, environnemental et diplomatique lamentable a été réduit à néant, par une victoire incontestable du camp Républicain, dans une nation profondément divisée, selon des lignes géographiques rappelant la guerre de sécession.

Mais le plus triste n’est pas tant que 58 millions d’Américains ne partagent pas mon opinion politique, ni même ma vision (nécessairement partiale) du bilan de l’administration Bush ; ni même que les critères de sélection dont ils ont fait usage sont si éloignés de ceux que je considère comme acceptables ; ce qui m’attriste le plus est que, une fois de plus, les processus démocratiques se révèlent incapables d’enrayer leurs propres disfonctionnements :

  • moyennant une communication fondée sur la peur de l’autre, il est trop facile de faire taire toute forme d’opposition - les Démocrates n’en ont sans doute pas moins souffert que la gauche française au cours de l’élection présidentielle 2002 et sa fixation sur les thèmes de l’insécurité
  • moyennant une communication fondée sur la certitude, il est trop facile de transformer le dit en vrai - la presse et les médias, supposés incarnés le quatrième pouvoir, sont désormais trop intriqués dans les filets du pouvoir économique pour assurer un point de vue indépendant
  • moyennant une communication fondée sur la religiosité, il est trop facile d’escamoter la réflexion et le dialogue au profit de valeurs inamovibles

Ni les protections constitutionnelles, ni la confrontation électorale, n’ont été capables de bloquer ou même de freiner ces phénomènes ; ces menaces ne pèsent pas uniquement sur les États-Unis, mais sur tous les systèmes à vocation démocratique.

Une fois de plus, il va falloir se résigner, espérer pour le mieux plutôt que le pire ; mais il sera nécessairement beaucoup plus difficile d’adhérer à cet optimisme maintenant qu’il y a quatre ans ; Bush et ses conseillers ont déjà montré une fois qu’ils pouvaient faire bien pire que je ne pouvais l’envisager.

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Dominique Hazaël-Massieux
dominique.hazael-massieux@centraliens.net
Dernière modification : le 2 Octobre 2003

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