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27 July 2004

Théâtre dans les vignes

Mardi dernier, nous avons pris part à la quinzième édition du festival de théâtre dans la vigne, qui, à trois reprises dans l’été, combine la découverte d’un domaine viticole varois à celle d’une représentation théâtrale, en l’occurrence cette année, Zoo, ou l’assassin philanthrope de Vercors.

Si la dégustation de vin qui précédait la dite représentation laissait un peu à désirer – le château de la Castille à la Crau n’ayant apparemment pas souhaité servir ses meilleurs crus à la foule nombreuse de participants -, le cadre bucolique des vignes et la qualité de la pièce de théâtre n’avaient eux rien à reprendre.

La pièce en question, comme je l’ai réalisé plus tard, est l’adaptation théâtrale du roman du même auteur, Les animaux dénaturés, mêlant avec habileté humour, questionnement scientifique et métaphysique.

Deux petits regrets, tout de même : nous nous attendions à un événement un peu plus intime – mais qui peut reprocher aux organisateurs le succès ? surtout, nous n’avons pas pu rester au souper gastronomique qui faisait suite à la pièce, du fait de son horaire tardif…

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Posté à 05:22

Non deux noms

La loi du 6 fructidor an II, en vigueur en France depuis 210 ans, établit que tout individu ne porte que son nom de naissance.

210 ans, ça paraît long ; mais apparemment, c’est à peine suffisant pour que cette loi soit intégrée dans les moeurs de la société française ; en effet, Bénédicte n’ayant pas souhaité user du droit que lui accorde la loi d’user du nom son mari, se voit confrontée à une résistance persistante face à ce choix, qui permet de s’interroger sur la limite entre le droit et le devoir.

Ainsi, entre autres exemples, ayant mentionné une malheureuse fois à son banquier être passée devant l’officier de l’état civil, et celui-ci ayant eu l’indiscrétion de s’enquérir du nom de l’heureux élu, elle a reçu d’abord de manière systématique, puis, après avoir demandé correction, de manière aléatoire, des courriers de sa banque adressés à un nom qui n’est pas le sien.

L’État, garant du respect des lois, n’est pas en reste, puisque, bien qu’ayant suivi soigneusement les indications données pour les femmes mariées n’ayant pas pris le nom de leur mari comme nom d’usage (caractérisation formulée de manière subtilement insidieuse comme étant pour celles souhaitant voir figurer leur nom de jeune fille) de la déclaration d’impôts, il nous fallut plusieurs coups de fils au service des impôts (apparemment inquiets de la légalité d’une telle chose) pour obtenir le résultat escompté – ou presque : Béné a certes obtenu gain de cause, mais je me retrouve affublé désormais du nom d’Hazaël-Massieux Montigneaux (un nom double ne me suffisait pas), dont, ironie du sort, la longueur excède d’exactement une lettre celle admise par le site Web de règlement des impôts en ligne. Malheureusement, cela ne suffit apparemment pas à rendre nulle la demande de recouvrement de l’impôt ;) .

Dernier échantillon en date de cette inertie bicentenaire : une vendeuse d’Ikéa, établissant un dossier de paiement échelonné à la demande de Bénédicte, n’a pu accepter qu’avec difficultés l’idée que nous soyons effectivement mariés et non en cohabitation, ou séparés.

L’utilisation des noms de famille en France est devenue officielle en 1539 par l’ordonnance de Villers-Cotterets (bien que remontant à des usages du XIIème siècle) ; 255 ans plus tard, le code civil affirmait leur immuabilité ; 210 ans plus tard, celle-ci s’obtient dans le meilleur des cas par la lutte.

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Posté à 04:47

22 July 2004

À nouveau Zélandais

Bénédicte et moi nous sommes contocté quelques petits jours de vacances danoises, profitant de ce que j’aie été de nouveau appelé à voyager dans le cadre de mon travail. Notre dernier séjour danois ayant été une belle réussite, il convenait que nous complétions notre exploration hivernale par un aperçu plus estival.

Du moins dans les dates.

Parce qu’au Danemark, au mois de juillet, il serait présomptueux de sortir sans pull et veste, les températures n’hésitant pas le moindre instant à jouer au yo-yo entre 8 et 20°C, le vent n’oubliant pas son devoir d’alimentation en énergie des nombreuses éoliennes, non plus que les nuages ne laissent de côté le contraste qu’ils opposent aux couleurs des façades. Le soleil, mauvais joueur, s’en est senti obligé de se lever quotidiennement à 5h du matin (après s’être couché vers les 11h du soir), ce qui aurait peu d’importance si ce n’est que, par quelque mystère culturel, l’invention des volets et des rideaux opaques semble ne pas avoir franchi les latitudes sous lequelles ils seraient pourtant si utiles…

Fort heureusement, ces quelques désagréments climatiques sont restés limités dans le temps et dans l’espace, et n’ont finalement que contribué à expliquer le tempérament migrateur d’une bonne partie de l’Europe du Nord lorsque la bise n’est pas encore venue.

Certes, le climat ne contribua que peu à distinguer notre expérience de l’hiver de celle de l’été – exception faite de la durée des jours ; certes, les nombreuses boutiques de design et de décoration ont continué à retenir notre attention ; et Copenhague a gardé cet aspect familier, ce sentiment cocoon d’être ailleurs mais comme chez soi.

Mais notre séjour ne s’est pas limité à une répétition du précédent, loin s’en faut ! Tout d’abord, une petite incursion en Suède, à Lund, nous a permis de découvrir cette petite ville médiévale, et son incroyable éco-musée en plein coeur de la ville, petit paradis mêlant verdure et maisons historiques. Note pour le voyageur intrépide empruntant le train pour rallier la capitale danoise à cette charmant bourgade : en aucun cas, ne faites confiance aux panneaux signalétiques, aux contrôleurs et autres brochures qui vous affirmeront que votre train s’arrête bien à Lund, il n’en est rien ; ne comptez que sur votre compréhension du Suédois pour vous mener à destination.

De retour en Zélande du Nord, nous avons déambulé à la suite d’Hamlet dans les couloirs du château de Kronborg à Helsingør ; plus encore que le château, la ville d’Helsingør et ses ruelles colorées faisant face à la côte suédoise sont incontournables.

Les canaux de Copenhague, dégelés cette fois-ci, nous ont offert une petite promenade aux points de vue nouveaux sur la ville, de même que plusieurs occasions de décapitations et autres sévices du fait des quelques ponts extraordinairement bas et étroits qui les traversent.

À peine remis de ces émotions, nous avons opté pour une approche tranquille de Tivoli, un parc d’attractions né au début du siècle, situé juste au bout de la principale avenue piétonne de la ville – autrement dit en pleine ville. Au menu donc un dîner sympathique, une ambiance bonne enfant, le kitch dégoulinant mais tellement savoureux de la décoration, quelques attractions paisibles, un concert de Lisa Ekdahl (apparemment connue de certains) et les illuminations du lac artificiel en fin de soirée.

Ajoutez à cela des dîners succulents du côté de Gråbrødretorv, un brunch sympathique, quelques emplettes, un détour balnéaire par Dragør avant d’attraper notre avion de retour, et vous aurez un petit aperçu d’un autre séjour réussi au pays des Vikings…

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Posté à 04:16

10 July 2004

Des atomes dans mon café crème

C’est dans les recoins d’une libraire, il y a quelques mois, que j’ai constaté n’avoir plus lu de livres de vulgarisation scientifique depuis plusieurs années, alors même que je les dévorais avec passion auparavant, et ce bien que ma curiosité pour les domaines en question ne se soit guère émoussée, et tout au plus ait été mise en balance avec ceux de domaines forts différents.

Après le résultat mitigé de mon dernier essai en la matière (Cerveau droit, Cerveau gauche), la lecture de Des atomes dans mon café crème : La physique peut-elle tout expliquer ?, de Pablo Jensen, m’a définitivement réconcilié avec le genre.

Celui-ci, en effet, derrière une couverture alléchante de cappuccino, cumule le mérite de rendre intéressant la physique des matériaux, dont mes études en école d’ingénieur me laissaient un souvenir peu flatteur, mais en plus, de la mettre en perspective sous différents angles.

Une approche historique, tout d’abord, classique de la vulgarisation scientifique, mais qui aide certainement à effacer les souvenirs d’enseignements magistraux, où les “lois” de la physique sont assénées comme vérités incontournables – malgré leurs fondements mathématiques toujours vacillants à mes yeux.

Un regard pragmatique ensuite, qui replace la physique dans ses applications concrètes, et surtout dans son absence d’explications de bien des aspects de la réalité – le livre est sous titré La physique peut-elle tout expliquer ?.

Un questionnement épistémologique enfin, dans lequel l’auteur interroge la validité de la démarche des physiciens, et met en avant la limitation de la connaissance accessible et les dangers du réductionnisme: le cacao saupoudré sur le cappuccino de la couverture.

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Posté à 03:48

7 July 2004

Tamaris en état de choc

De notre envoyé spécial à Tamaris

Ce matin, Tamaris s’est réveillé en état de choc : de la pluie un 7 juillet !

La pluie tombant sur la baie du Lazaret
Le spectacle désolant de la pluie tombant sur la baie du Lazaret en ce matin du 7 juillet en a stupéfait plus d’un !

Maurice, tamarissien de toujours, nous confirme qu’il n’avait jamais vu ça : De la pluie, déjà, c’est un événement, ici ! Mais alors, un 7 juillet ! Je me rappelle encore tout le tohu-bohu que la pluie du 3 juillet 1974 avait provoqué, mais on était loin de s’imaginer que 30 ans plus tard, ça irait si loin !.

Sur la corniche Michel Pacha, quelques pêcheurs au regard hagard ne s’en remettent pas et feignent d’ignorer la météo ; pour René, boh, vous savez, c’est qu’de la pluie, le poisson, lui, il s’en fout !.

Du côté des commerçants, le choc est rude à encaisser. Déjà l’an dernier y’avait la canicule, bon, ça nous avait fait perdre au moins 30% du chiffre d’affaire nous confie Josette, dans un bar de plage des Sablettes, et v’lan, aujourd’hui, on a eu au moins 50% de fréquentation de moins que d’habitude ! Comment voulez-vous qu’on s’en sorte dans ces conditions ?. L’association des commerçants du quartier a indiqué qu’elle espérait que la zone serait classée en victime de catastrophes naturelles, pour que ses adhérents puissent être indemnisés par les assurances.

Affiche des nights 70 & 80's aux Sablettes
Les habitants des Sablettes auront-ils encore le coeur à faire la fête après ces événements ?

Contacté à ce sujet, le maire de la Seyne sur Mer n’a pas souhaité répondre.

Cet événement d’une ampleur difficilement imaginable arrive la veille de la tenue du “Toropiscine”, une tradition locale fortement ancrée depuis la transformation des Sablettes en station balnéaire ; les organisateurs assurent faire tout [leur] possible pour que le spectacle ait lieu malgré tout, comme un symbole important qu’il faut continuer malgré tout. Et de préciser bien sûr qu’ils l’annuleraient si les conditions météorologiques ne s’amélioraient pas d’ici là.

Mauvais coup pour la marine nationale qui a annoncé il y a quelques jours que le Clémenceau serait désamianté à Toulon ; déjà, les riverains de la rade s’inquiètent de ce que cette pluie ait pu fragiliser la coque du porte-avion, et invoquent le principe de précaution pour demander l’annulation de l’opération. La Marine n’a pas souhaité répondre à nos questions sur ce sujet.

Le Clémenceau stationné dans la rade de Toulon
Le Clémenceau résistera-t-il aux conditions météorologiques inhabituelles de la rade ? Les riverains s’inquiètent.

Ce soir, bien que quelques nuages restent présents au dessus de la baie du Lazaret, la pluie semble avoir pris fin ; Météo France appelle à la prudence cependant, et n’exclut pas qu’il pleuve à nouveau cet été. Une cellule de soutien psychologique a été détachée auprès de la mairie de la Seyne sur Mer, pour les habitants et les touristes qui auraient du mal à accepter l’incertitude à laquelle les confrontent les caprices du temps.

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Posté à 10:30