» 2004 » March » 22

22 March 2004

Cerveau droit, cerveau gauche

Lucien Israël, dans Cerveau droit, cerveau gauche, s’attache à montrer comment la répartition des tâches entre les deux hémisphères du cerveau, et de manière plus générale, la différence d’approches entre ceux-ci (analytique pour l’hémisphère gauche, synthétique pour le droit) influe sur la manière d’être des individus, mais surtout, sur les différentes cultures et civilisations.

Si le propos de cet essai est intéressant, et si les ponts que l’auteur tente de dresser entre la sociologie et la neurologie méritent d’être mis en place, les prises de position répétées d’ordre esthétique ou politique, non-justifiées et noyées au milieu d’un discours qui se veut scientifique nuisent grandement à la crédibilité de l’ensemble : que l’auteur n’aime ni le rock, ni le rap, et que sa vision du monde soit conservatrice et traditionaliste ne mérite certainement pas d’être mélangé aux faits neurologiques établis, et encore moins d’être justifié par des conjectures douteuses.

En somme, la lecture de l’ouvrage a plus de valeurs pour les questions qu’il pose (comme celles posées par la thèse de Julian Jaynes) que par les réponses qu’il apporte, dont on ferait finalement agréablement l’épargne.

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Posté à 09:01

La grand messe

Lorsque le jour de la grand messe arrive, un frémissement parcours l’assemblée des (plus ou moins) fidèles ; bien sûr, à chaque fois, la question se pose : combien serons-nous ? Combien n’y croient plus depuis la dernière fois ?

Et puis, il y a les questions plus immédiates aussi : à quel saint se vouer ? Y-a-t’il vraiment un autre monde possible ? Malgré la défiance, la routine, ils restent tout de même nombreux à venir assister, furtivement, à la cérémonie, qui s’étale sur tout le jour.

En revanche, trop peu restent jusqu’à la fin, là où les mystères éleusiaques de la cérémonie se font les plus denses, les plus évidents, les plus rituels. Certes, tous ont entendu les incantations répétées “A voté !”, “Veuillez émarger à côté de votre nom”…

Mais combien se sont délectés du rituel délicieusement désuet de la lampe à pétrole (“au cas où il y aurait une panne de courant”, enseignent les initiés aux néophytes) ? Combien ont resenti la sacralisation de la petite enveloppe bleue ? Combien ont pu servir d’enfants de choeur de la République, à compter soigneusement les bulletins valides ? Combien connaissent le titillement de celui qui, fièrement, annonce un vote blanc ou nul ? Combien ont vu la scrupuleuse scrutation des acolytes du bureau de vote ?

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Posté à 12:50