» 2004 » February

28 February 2004

La conscience, un fruit de l’évolution culturelle ?

Ayant commencé la lecture de Cerveau droit, cerveau gauche de Lucien Israël (au contenu pour l’instant intéressant mais inégal dans sa qualité), j’ai été initié à une théorie passionnante (et pourtant déjà quelque peu ancienne maintenant) : Julian Jaynes, un psychologue américain, décrivait en 1976 dans son ouvrage The Origin of Consciousness in the Breakdown of the Bicameral Mind comment la conscience (l’idée que l’on a de soi en tant qu’entité distincte et capable de décision) ne pourrait être qu’une apparition récente de l’évolution humaine.

Pour justifier son hypothèse (qu’il relie à la séparation en deux hémisphères fonctionnellement distincts du cerveau humain), Jaynes s’appuie sur les récits homériques dans lesquels les héros ne penseraient leurs actes qu’au travers de ce que les dieux ou les morts ne leur souffleraient.

Une théorie intellectuellement fascinante en ce qu’elle ouvre sur de nombreuses autres questions par rapport à la notion même de conscience, du rapport de l’évolution de celle-ci à celle de l’individualisme, et bien d’autres encore : quelle relation avec la théorie des mèmes ? la conscience individuelle de nos aïeux était-elle la même que la nôtre ? à quel point l’évolution culturelle peut-elle suppléer l’évolution génétique ?

Peut-être cette théorie est-elle complètement infondée (encore qu’elle semble revenir en grâce ces dernières années), mais elle pose en tous les cas un point de vue sur l’individu tout à fait unique…

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Posté à 07:35

16 February 2004

Une leçon de vie

  • prendre une recette de cuisine sur un site respectable, pour un gateau d’anniversaire original
  • suivre les indications avec précision
  • découvrir qu’il faut 2 heures pour faire cuire des meringues, et un peu plus si votre four est capricieux
  • battre les oeufs en neige, ajouter le sirop à la température du boulé (sans avoir réussi à vérifier la dite température avec la soi-disante boule de sirop censé se former à cette température), et former de belles meringues sur une plaque recouverte de papier sulfuriser
  • se rendre à l’évidence qu’il était tout à fait futile d’utiliser 8 blancs d’oeufs pour les meringues, là où 1 ou 2 auraient largement suffit si l’on n’avait pas confondu la recette avec une autre lue précédemment
  • entamer la recette à proprement parler lorsque les meringues font mine de cuire
  • faire cuire le chocolat au bain marie, s’étonner de son épaisseur, et ajouter malgré tout les 10 feuilles de gélatine suggérées par la recette
  • se retrouver avec une boule de chocolat compacte, dont il paraît largement improbable de pouvoir la transformer à la force du poignet en une mousse censée garnir l’intérieur d’une charlotte
  • essayer malgré tout de mélanger le dit chocolat avec une crème fouettée préparée au préalable
  • se rendre à l’évidence que mélanger à la cuillère, au fouet manuel ou battre au fouet électrique n’altère en rien la compacité de la boule de chocolat gélatineuse
  • employer les grands moyens, verser “l’appareil” dans un robot à mixer, mixer
  • mixer
  • mixer
  • mixer à la puissance maximale
  • reprendre quelques espoirs d’un dessert présentable après 5 bonnes minutes de mixage
  • fignoler l’apparence encore un peu surprenante de la mixture au fouet électrique
  • ajouter les raisins secs, et 2 des 57 meringues préparées émiettées
  • verser dans le moule tapissé de biscuits rapidement trempés dans du rhum
  • prononcer la formule magique “alea jacta est”
  • réfrigérer, sortir et démouler au moment de servir
  • s’étonner que le départ désastreux de la dite réalisation puisse aboutir à une pâtisserie ayant une apparence et un goût tout à fait respectables
  • ne pas en tenir rigueur au site sus-nommé, et faire une note mentale d’aller faire la visite-dégustation proposée dans un village voisin
  • (congeler la charlotte qui pourra nourrir le prochain régiment de passage)
  • (préserver les 55 meringues non utilisées pour les jours de disette)

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Posté à 08:25

12 February 2004

Aux bords de la Durance

Au bord de la Durance, loin de toute civilisation (ou presque), se trouve une cabane en bois, baptisé observatoire ornithologique, et d’où, en effet, il est possible de contempler les plongeons de grèbes huppées, les voltiges de hérons discrets, les circonvolutions de sarcelles d’hiver et l’immobilisme des grands cormorans.

Au bord de la Durance, mais à quelques kilomètres à vol de mouette, le castrum de Mérindol en ruines protège de son isolement de superbes maisons de pierres taillés, un mémorial Vaudois – qualifiant le parlement d’Aix du temps des guerres de religions en France de troisième fléau de la Provence, celui-ci ayant ordonné l’éxécution sommaire des habitants (protestants) du dit village -, et, comme il se doit, de splendides vues sur la vallée de la Durance et les premières collines du Lubéron

Au bord de la Durance, le donjon d’un chateau du XIVème siècle au Jas de Puyvert, devenu pigeonnier géant (3000 boulins, oui Monsieur) au XVIème, déchu au XVIIIème (avec le droit de pigeonnier, privilège des seigneurs féodaux), et rénové à la fin du XXème trône toujours crânement sur un petit hameau de maisons troglodytes.

Au bord de la Durance, mais de l’autre côté, l’abbaye de Sylvacane, troisième abbaye cistercienne de Provence avec celle du Thoronet et celle de Sénanque, concorde avec celles-ci dans la simplicité et l’harmonie de son architecture.

Au bord de la Durance, mais en fait, entre la Roque d’Anthéron et Lambesc, la chapelle en ruine de Sainte-Anne de Goiron, oubliée au fond d’une route en impasse, détrônée par un monument aux martyrs de la résistance, camouflée au coeur d’une forêt à flanc de colline, n’attend plus personne.

Au bord de la Durance, peut-être le temps s’est-il arrêté ?

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Posté à 06:04

Bush, père ou fils ?

Ce soir, le journal télévisé de France 2 présente le sujet à la mode sur la campagne présidentielle américaine, la comparaison des passés militaires respectifs de Georges W. Bush et de John Kerry. Et comme on est à la télé, bien sûr, il faut des images pour illustrer le sujet.

L’une d’elles, cependant, ne manqua pas d’intriguer Béné :

Photo extraite d'un reportage sur le passé militaire de G. Bush

Béné affirmait en effet que le George Bush que l’on voit sur la dite photo est George Bush senior, et non George W. Discussions, comparaisons, interrogations, nous décidons finalement de demander au grand oracle du Web ce qu’il en pense…

Et bien que Google ait été décevant cette fois-ci, la recherche par image de Yahoo nous a permis de découvrir une photo prise apparemment à la même occasion: Bush & Bush et qui donne la clef du mystère; il s’agit en fait de George Bush et de George W. Bush (le tondu un peu effaré en second plan)…

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Posté à 05:08

7 February 2004

Et pendant ce temps, le 7ème art…

Un petit coup d’oeil rapide sur les quelques films que j’ai vus récemment au cinéma:

Noi Albinoi
une histoire douce-amère sur la vie (trop) tranquille dans une petite ville d’Islande ; rafraîchissant, avec de très belles images
Kill Bill, volume 1
du Tarentino dans toute sa splendeur ; il faut aimer l’hémoglobine (ou essayer de l’oublier), mais la réalisation est excellente
Violence des échanges en milieux tempérés
une fable cruellement vraie de la société capitaliste ; le jeu d’acteur est très juste, et l’histoire bien menée
Lost in Translation
une comédie légèrement amère, touchante et pleine d’évocations (un peu cliché, certes) pour ceux qui ont eu la chance d’aller au Japon

(cette brève est dédicacée à quelqu’un qui se reconnaîtra)

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Posté à 06:25